13.6.03

Retraites et clivages.

Je n’ai pas bloggé depuis un certain temps, ayant plus l’œil rivé sur l’actualité et un petit peu la tête ailleurs. Ce n’est pas facile d’écrire quelque chose de neuf sur les retraites. La synthèse est difficile, et la tendance générale est à la discussion de comptoir, sur fond de vieux préjugés.
On voir que le débat en France n’est pas serein. La plupart se focalisent sur la couleur politique, et y mettent tout un tas de préjugés. Je vois comme le PS est obligé de proposer des mesures extrêmement démagogiques alors qu’il n’aurait pas fait une réforme différente (cf l’article de JB de Foucauld et E. Cohen dans Le Monde la semaine dernière).

L’exemple clef tient à la soi-disant mise à contribution des entreprises. Cette idée pue le communisme le plus nauséabond, qui veut faire croire que taxer les entreprises, c’est différent de taxer les gens ordinaires. C’est, in fine, la même chose, voire pire pour le particulier. Aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, où la main d’œuvre est peu taxée, la part des revenus individuels dans la valeur ajoutée est très largement supérieure à celle qui existe en France. Mais on préfère annoncer une mesure démagogique, symbolique plutôt que de prendre des mesures nécessaires.
L’article de Thomas Piketty dans Le Monde avait cette très belle phrase, que CGT, FO, UNSA, G10 et une grande partie du PS se refusent à comprendre depuis des lustres :
« Par définition, quels que soient l'intitulé et le mode de perception utilisés, tout prélèvement finit toujours par être payé intégralement par les ménages. En particulier, il n'existe pas de prélèvement payé par les entreprises, ces dernières se contentant de répercuter leurs charges sur les ménages salariés qui travaillent pour elles, les ménages actionnaires qui les possèdent ou les ménages consommateurs qui achètent leurs produits. ».

Mais quand comprendront-ils que la répartition capital-travail est un leurre dépassé ? Surtout dans nos économies où ce ne sont pas « des riches actionnaires » qui exploitent des « pauvres salariés », mais où le tissu est fait de PME, de très nombreux actionnaires…
On comprend le socle électoraliste passé de cette théorie, qui permettait de mettre à son coté l’ouvrier et l’employé en exploitant sa rancœur. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de « classe ouvrière », il y a de multiples emplois à bas niveau de main d’œuvre, mais plus de classe unie. La caissière d’Auchan est actionnaire de son entreprise, elle ne va plus à la mine. Le PS ferait mieux de travailler au développement de ces entreprises, de continuer à inciter à l’épargne d’entreprise et à l’accession à la propriété, que tenter de gagner des voix qui n’existent plus…

Au passage, cette semaine, re-découverte de l’association En Temps Réel, Think tank ayant repris un peu des cendres de la fondation Saint-Simon. Voir les cahiers.
J’ai lu leur Cahier «"2002 : le parti de la réforme est mort. Vive la réforme ?" (et les autres aussi au passage). Saisissant dans son analyse de la société (on dirait presque du Alain de Vulpian), et dans l'analyse de l'échec de mise en place des réformes nécessaires. Cela laisse à réfléchir sur la nécessité de la création d’un parti de la réforme…

Allez, je reprends du poil de la bête. Un blog par semaine a minima.

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