29.4.03

Relations internationales
Deux choses à remarquer aujourd'hui, ou plutôt ces jours-ci.
1. Le dialogue Michnik/Cohn-Bendit dans Le Monde.
Je suis évidemment plus proche de la sensibilité de Michnik, qui me semble être plus en phase avec l'état du Monde, et moins décentré par une sorte de nombrilisme européen. Mais je dois avouer que je trouve le discours de Cohn-Bendit très vrai et très juste aussi, raisonnable. Il ne faut pas rater ce dialogue, qui illustre ce qui peut se passer quand deux personnes intéressantes et constructives se rencontrent.
Il faut vraiment aller dans les détails pour traquer les soupcons d'anti-américanisme inavoué chez Cohn-Bendit, qui rappellent ceux de nombreux français (en moins virulent quand même chez Dany). Michnik, lui, se dit très clairement opposé à Bush, Rumsfeld & Co. Mais il dit aussi que, quand les américains sortent de leur tolérance à l'égard de Saddam, il ne faut pas leur dire non, alors qu'on vient de leur reprocher de ne pas avoir fini le travail en 1991. Il y a là une grave contradiction chez Cohn-Bendit : il dit que les USA n'auraient pas dû intervenir, parce qu'ils ont trop longtemps soutenu Saddam.

2. L'événement de ces derniers jours, qui a atteint son apogée hier, est la parution du livre de BHL sur l'enquète et l'assasinat de Daniel Pearl. Fil rouge de ma journée hier, avec France Culture aller/retour, et terminé par Mots Croisés. Au passage, on voir bien la différence de finesse entre radio et télévision...
Je partage la perception de BHL (et d'Adam Michnik) selon laquelle le fondamentalisme islamiste est le danger le plus grave de notre époque. Je ne sais pas si BHL va trop loin ou pas, sur la question de la bombe nucléaire notamment. Mais ce que je comprends, notamment à écouter Hubert Védrine (pouah!) le modérer, c'est que le travail de pédagogie à réaliser sur ce danger est énorme. La tendance est à tout modérer, ou à faire croire que nous sommes en quelque sorte coupables de cette folie.

Dire "Les fous de Dieu sont notre plus grande menace" vous classe presque dans la catégorie des fachos. Dire "Bush assassin" vous place dans le camp de la paix.

Y'a du boulot.

23.4.03

Back from Italy

Me revoilà devant ce blog après une semaine passée en Italie du Nord. Lombardie, Emilie-Romagne et Vénétie. Milan m’a fait une bien meilleure réputation que son image de ville encaissée au climat désagréable ne pouvait présager. Sa modernité et sa créativité m’ont surpris. Ferrare, à coté, fait très « province ». Etonnant comme une politique en faveur dela bicyclette a pu y prendre. Comment ont-ils fait pour faire sortir les italiens de leurs voitures ? Le retour à Venise est toujours quelque chose de magique. Passage trop court, mais suffisant pour humer et emmagasiner des images, des odeurs… Vérone, enfin, m’a un peu déçu. Pas visité sous le bon climat. Pas perçu complètement la poésie de cette cité. Seule la piazza dell’Erbe m’a vraiment plu. Le reste était trop gris et ne supportait pas la comparaison fortuite avec les campi de Venise.

En France, la situation n’a pas tellement changé. Chirac et Villepin font les fanfarons à l’extérieur, et Raff’ semble faire de plus en plus triste mine. J’ai raté un article de Nicolas Baverez dans le Point, dont je partage à tous points l’analyse. En quelques mots : la position extrême de la France à l’extérieur masque un manque cruel d’ambition à l’intérieur. L’inverse aurait été de propos : une attitude constructive et réaliste à l’extérieur, et une intransigeance sur la réforme à l’intérieur.

Le personnage de Raffarin est étonnant. Il me plaisait au début pour une bonne partie de ses idées, décentralisatrices, réformatrices, de retour de la citoyenneté. Mais la personnalité timide et son charabia permanent ont décrédibilisé le bonhomme. Il a mis la barre très haut dans le langage (« la République des Proximités », etc…) alors même qu’il s’appuie sur une majorité fondamentalement conservatrice.
Je reste persuadé que nous avions plus besoin d’un homme fort, courageux, à même de porter des réformes structurantes. La faiblesse du gouvernement face au syndicats est triste, et sera sans doute lourde de conséquances.

11.4.03

Etonnant comme la rubrique opinions du Figaro est en train de prendre le pas sur celle du Monde, en attirant de plus en plus de bonnnes contributions, de personnalités de tous bords. Je pense que la crise du Monde et les prises de position limites de Colombani/Plenel y sont pour beaucoup, de même qu'une petite évolution du Figaro aussi, qui devient presque lisible...

Quelques liens d'opinion à ne pas manquer cette semaine (à lire avant l'archivage payant):
- Dans Libération, un article passionant d'Adam Michnik, grand intellectuel polonais. Nous les traitres de l'Europe. J'ai eu honte de la critique de Chirac aux "petits" pays européens. Dieu qu'ils ont de choses à nous apprendre
- Dans le Figaro, les 4 engagements de Jack Straw (foreign office). Voilà un hommeclair, mesuré, pragmatique, et qui sait reconnaitre les bonnes prises de position. Par rapport à un Villepin, arrogant, sur de lui et peu fiable, je rève d'un ministre de cette trempe.

Bon, j'ai du boulot. Je continuerai plus tard.




Irak.
Je commence à ne plus comprendre mon pays. Les média, après avoir montré la "résistance massive du peuple irakien" face à l'envahisseur américain, nous montraient hier des images d'irakiens, pourtant joyeux, recontrant "leurs nouveaux maitres".
Mais quel est ce parti-pris ? Je ne le saisis pas, j'en ai même honte.
Lequel des deux camps (Saddam vs USA) a tué des centaines de milliers de personnes de ce peuple ?

De même, Dominique de Villepin, plus de 48 heures après la chute de Bagdad, n'a toujours pas exprimé sa joie de voir le régime barbare de Saddam Hussein tomber.Chirac a mis plus de 24 heures. Mais quelle honte y-avait-il à le faire ?
L'image que j'ai de la politique étrangère de la France est celui de menteurs inefficaces et opportunistes. Menteurs car ils ne font pas ce qu'ils disent ("il faut passer par l'ONU / je l'empêche en mettant un veto systématique"). Inefficaces car leur objectif proclamé (rester dans le camp du "droit international") n'a pas été atteint à cause même de leur position. Opportunistes car ils tentent de tirer les lauriers de la gloire de cette défaite.

Et les infames motifs de la position française - quand je m'en fais la liste, je frémis - sont encore plus laids quand ils sont drapés dans le voile immaculé de la "défense de la paix" proclamée avec tellement de lyrisme par notre ministre des affaires étrangères.

Je souhaite que les masques tombent. Je souhaite que la politique d'après-guerre des Etats-Unis soit sensée et juste, pour que l'on dévoile la position infame de notre président et de notre premier ministre, complices jusqu'après sa défaite d'un tyran, motivés par les plus basses des intentions.

J'ai honte et j'enrage. Etre un "bon ami", c'est savoir être critique quand les USA dérapent (comme nous avons pu l'être jusqu'à fin 2002), mais aussi savoir de quel coté on se place. Et là, nous sommes devenus des ennemis du droit et de la démocratie. Enfermés dans notre position inavouable.

Bah.

10.4.03

Ca marche. Bonne nouvelle. Il va juste me falloir manipuler une pincée de HTML pour que tout ça soit plus qu'une simple loghorrée et exploite un peu des richesses du web.
Bien, je vais pouvoir aller piquer plein de pixel art sur le web et le faire partager à mes amis...
Ain't it good news ?
Nouvelle tentative technique : mettre une image piquée sur le web.

Avec celle-ci.





Ca marche ?
Jeudi.
Après les premières impressions, il va falloir commencer à écrire.
Mais ça sera le cas plutôt dans 10 jours. Dans l'intervalle, lItalie s'offre à nous. Milan, Ferrare, Vérone, Venise... Le choix est vaste.
J'en profite pour tenter de poster mon e-mail : le voila, et une adresse internet, celle de Christie.

To be continued...

9.4.03

Logique du blog :
- m'obliger à formaliser mes pensées
- faire acte de création
- partager des sujets avec des amis et des inconnus, dans un mode où l'expression écrite oblige à une exigence supérieure (?)
- défouler mon inconscient (???)
- me mettre en valeur en société ("cher ami, savez vous que je blogge ?")

Principes de ce blog :
- mélanger des analyse sérieuses et des commentaires légers
- être moi. ne pas en faire un instrument d'image.
- ouvrir sur des univers divers, qui sont la richesse de mes expériences.

Sujets à traiter :
- la politique : creuser les sujets qui me tiennent à coeur, dans un esprit de construction critique (et non de critique constructive)
- la création : design, art, web, etc... refléter mes découvertes...
- société : lutter contre la pensée pré-formatée et idéologique. Ouvrir les débats sur des dimensions nouvelles, faire apparaitre les faux débats ou les non-dits des sujets du moment.
- le reste. Ce qui me passe dans la tête et les yeux. Voire les oreilles (mais moins).

Voilà un début de charte, non ?

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